Stranger Things

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Lucas, Mike, Eleven et Dustin, personnages principaux de la série Stranger Things (2016)

(On peut déjà voir qu’ils ont l’air de passer un super moment)

Je continue cette première semaine avec Stranger Things de Matt et Ross Duffer, qui est sortie mi-juillet sur Netflix.  En vrai j’ai attendu un peu avant d’y jeter un oeil parce que je suis une trouillarde et que le super naturel c’est pas trop mon premier choix avant d’aller dodo  – ce qui est par ailleurs la raison pour laquelle vous ne lirez probablement jamais d’article venant de moi sur American Horror Story.

C’est pendant la traversée du désert télévisé qu’est l’été et après être tombée sur un petit article sur le personnage principal que j’ai enfin décidé de jeter un oeil (de jour) à cette série surpopulaire et de m’en faire un avis. Huit heures plus tard (le soleil était à peine couché), j’étais conquise par un scénario peu commun et des acteurs plutôt formidables, ainsi qu’une mise en scène incroyable dans les années 80. Pour les amateurs de séries d’époque, c’est un vrai régal.

Ce qu’il s’y passe

Nous sommes en 1983, dans une petite ville sans histoire aux États-Unis. Après la disparition mystérieuse de leur ami et compagnon de RPG, trois garçons décident de partir à sa recherche et rencontrent ce faisant une fille à l’allure et au prénom étranges, Eleven, qui semble pouvoir les aider.

Eleven s’est en fait tout juste enfuie d’un mystérieux et inquiétant laboratoire en bordure de la ville, propriété du gouvernement et de types un peu louches qui sont allé un peu loin dans leur expérimentations. Elle possède des pouvoirs improbables et prétend savoir où a disparu l’enfant.

Pourquoi ça vaut le détour

Un casting incroyable

La moitié du casting est composée d’enfants sur laquelle l’histoire se concentre, et je dirais que pour la seule performance de ces quatre petits génies, Stranger Things vaut le détour. Millie Brown (Eleven), Finn Wolfhard (Mike), Caleb McLaughlin (Lucas) et Gaten Matarazzo (Dustin) sont drôles, émouvants, attendrissants et attachants– et ce dès les premier épisode. Le reste du casting est également brillant, avec un coup de coeur personnel pour David Harbour (chief Hopper) que j’ai eu le plaisir de reconnaître dans Brokeback Mountain. Winona Ryder est aussi une jolie surprise, une perle tourmentée au milieu d’une tempête de questions et d’angoisse, une mère terrifiée, déterminée, obstinée. Impossible de ne pas revoir la jeune Kim défendant bec et ongles Edward aux Mains d’Argent, 26 ans plus tôt.

Un petit bémol cependant (allez, pour le plaisir), je suis moins convaincue par l’histoire un peu trop “Grease rencontre Mean Girls rencontre Chérie, j’ai rétréci les gosses” qui suit la sage Nancy (Natalia Dyer) et sa romance avec le vilain-mais-gentil-au-fond Steve (Joe Keery). Sans oublier Jonathan (Charlie Heaton), le jeune paria torturé qui sème des regards langoureux et de ce fait la pagaille dans le coeur de mademoiselle. Si elle contribue peu à cette première saison, il semblerait que l’intrigue tournant autour du groupe d’adolescents soit plus mise en valeur par la suite, et deviendrait alors peut-être plus pertinente.

Un récit haletant

Un peu à la manière de Christopher Nolan avec Interstellar, Les frères Duffer jouent avec les différentes dimensions de notre univers, s’aventurant à en proposer une nouvelle, moins ragoutante  que celle de Nolan (voire carrément dégueu) mais pas moins fascinante. On retrouve la même intensité dans les deux oeuvres – notamment au niveau de la bande originale, puissante et aérienne, de Kyle Dixon et Michael Stein.

Sans nous assommer de cliffhangers, les réalisateurs parviennent à nous faire transpirer dès le premier épisode. Ce n’est pas peu fréquent dans ce type d’intrigue (disparition mystérieuse d’enfant, course contre la montre) et on retrouve cette même pression dans Broadchurch ou Le monde de Nemo (oui oui), mais cela reste à saluer. En revanche, prévenez votre entourage avant de vous y mettre, sinon on risque de s’inquiéter de votre subite disparition.

En somme, Stranger Things est la grande gagnante de l’été et pas seulement grâce au manque de participants. Un joli retour dans le temps que les coeurs sensibles ne s’abstiendront pas de regarder car après tout, votre copain votre chat ou vos dix doigts seront bien assez pour vous protéger.

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