Monumenta ?

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Exposition Monumenta : l’étrange cité de Ilya et Emila KABAKOV au Grand Palais jusqu’au 22 juin 2014

Comme chaque année depuis 2007, le Grand Palais offre sa grande nef à un artiste contemporain de renommée internationale pour qu’il l’investisse à l’envi. Après Christian BOLTANSKI, Anish KAPOOR et Daniel BUREN l’année dernière, c’est au tour d‘Ilya et Emilia KABAKOV de faire mumuse dans les 13 500 m2 sous la grande verrière du musée. Les artistes précédents proposaient une expérience sensible et sensitive, une sorte d’aventure pour le spectateur conçue pour en mettre plein la vue et des papillons plein le ventre. L’étrange cité des KABAKOV ne suit pas le même schéma et même si les médiateurs tentent (avec insistance) de nous faire comprendre à nous autres mortels que l’œuvre n’en perd pas en intensité, on ne peut s’empêcher d’être légèrement déçu par le côté terre à terre de cette cité qui promettait tant de mystère. Si le squelette de la cité est bien là, les hauts murs blancs donnant au tout des airs de cité méditerranéenne abandonnée, l’intérieur des bâtiments est consacré à une présentation quelque peu scolaire des éléments de cette nouvelle Atlantide. Les salles sont en effet agrémentées de dessins plus ou moins techniques et de nombreuses, nombreuses maquettes destinées à expliquer au mieux et dans les détails les plus précis le fonctionnement  de la cité. Divisée en 9 parties, seul le tout début et la fin de l’installation parviennent à pousser le visiteur à la contemplation et à la réflexion. En effet, l’arrivée par la “coupole” semble vouloir donner le ton mais la musique qui vient après n’est malheureusement pas la bonne. La démonstration de force des artistes précédents n’est pas là, l’œuvre en soit n’est pas mauvaise mais il semble que l’utilisation de la grande nef pour cette installation soit légèrement superflue. En d’autre terme, le site n’est pas exploité dignement.

Autre petit souci, le Grand Palais comme à son habitude fait quelque peu l’impasse cette notion oubliée qu’est le respect de l’œuvre. Avant de pénétrer dans la cité, quelques panneaux incitent le visiteur à la discrétion afin que ce dernier n’en perturbe pas l’ambiance mystérieuse et solennelle. Jusque là pas de souci, on est même tout à fait d’accord et reconnaissant à l’idée de se déplacer dans un lieu où le bruit humain est minimum. Seulement, si les visiteurs respectent ces simples requêtes, le personnel du Grand Palais semble s’en défaire tout à fait. La faute n’est pas entièrement leur, mais plutôt de celle du musée qui organise des évènements fatalement destinés à perturber le silence tant espéré. Entre la conférencière qui parle dans un micro et qui est régulièrement applaudie par une foule en délire (bon d’accord, une audience polie), les gardes qui échangent des commentaires sonores pour couvrir le son de leur walkies et le guide de visite qui pour le coup n’utilise pas de micro mais doit parler fort, l’ambiance relève plus du salon de l’agriculture que du parcours initiatique et spirituel souhaité par les KABAKOV.

Vous avez jusqu’au 22 juin pour visiter l’étrange cité, alors si vous ne craignez pas les 40 degrés ambiants (encore une fois, on est sous la grande verrière) allez-y faire un tour ! L’entrée est à 3 euros pour les moins de 26 ans. J’attends vos impressions !

 

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