McCarthy is the artist

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Exposition Paul McCarthy, Chocolate Factory à la Monnaie de Paris jusqu’au 4 janvier 2015

 

La Monnaie de Paris consacre sa première exposition depuis sa réouverture à Paul McCarthy, artiste controversé, américain et bientôt septuagénaire connu pour ses sculptures provocantes (selon l’interprétation). Si vous ne connaissiez pas Paul McCarthy il y a quelques semaines, vous en avez probablement entendu parler après l’incident place Vendôme qui lui a valu quelques coups au visage par un imbécile qui avait l’air plus gêné par la nationalité de l’artiste que par l’oeuvre de ce dernier. En effet l’énorme sculpture de 24 mètre de haut a chamboulé Paris et créé un buzz pas possible pour l’exposition qui débutait quelques jours plus tard. Abstraction pour l’artiste, sapin de Noël pour les rêveurs, butt plug géant pour les connaisseurs, l’oeuvre est libre d’interprétation mais si l’image vous dérange, inutile d’aller voir l’exposition où elle y est reproduite à l’infini.

Paul McCarthy a installé sa Chocolate factory au sein de la Monnaie, une usine dans l’usine conçue à partir de récupération de décors hollywoodiens (pas aussi glam que ça en a l’air, mais au moins il recycle). En produisant chaque jour des centaines de Pères Noël en chocolat il nous présente le concept de l’oeuvre d’art illimitée, avec une installation qui grossi chaque jour pour envahir l’espace d’exposition jusqu’à ce qu’on ne puisse presque plus y pénétrer. Tous les sens sont alpagués dès l’entrée de l’exposition : un vacarme pas possible à cause des installations gonflables dans l’escalier d’honneur, des machines dans la petite usine et des vidéos performance dans les salles qui suivent, dans lequel on évolue entouré d’une armée de Pères Noël brandissant des sapins à l’allure douteuse et baignant dans l’odeur entêtante du chocolat. Cette expérience multi sensorielle vous rendra peut-être fou si vous restez un peu trop longtemps, et c’est sûrement voulu. On rentre dans l’imaginaire dérangé et dérangeant de l’artiste qui, marqué par l’altercation Place Vendôme, place cette dernière au sein même de l’exposition grâce à une performance perturbante. McCarthy se présente comme un symptôme d’une société de surconsommation malade et vaine, thème favori de l’artiste contemporain de base mais abordé cette fois de manière assez surprenante.

Si vous le pouvez, lisez le livret (bien complet cette fois) distribué à l’entrée avant de pénétrer dans l’exposition, il vous donnera les clés pour comprendre la travail cacaoté de McCarthy. Honnêtement je ne m’attendais pas à apprécier ni comprendre, moi qui rejette en bloc ce genre d’installation, mais le discours est solide et l’interprétation étonnante et astucieuse. Pour une fois ce n’est pas seulement provocant, osé, choquant, tous ces mots que l’on attribue à l’art contemporain et que l’on finit par confondre avec des qualités.

En somme, c’est à tenter, mais préparé !

 

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Vues de l’exposition Chocolate Factory à la Monnaie de Paris