L’expérience Erwin Blumenfeld

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Exposition Erwin Blumenfeld (1897-1969) au Jeu de Paume, du 15 octobre au 26 janvier 2014.

Le Jeu de Paume signe encore une fois une excellente traduction du travail d’un bel artiste, en l’occurence Erwin Blumenfeld. Moi qui accourais voir l’exposition sur Vivian Maier, photographe amateur prodige du milieu du XXème, je découvre au guichet qu’elle est en fait exposée à Tours… Je me retrouve donc à prendre un ticket pour Blumenfeld, départ en terre inconnue, terre merveilleuse en fait. Blumenfeld est un savant fou de la photographie, pas trop loin d’André Kertész grâce à de jolies expérimentations type découpages et déformations, ou même de Léonard de Vinci avec des solarisations aux effets de non finito qui donnent à la photo une dimension plastique délectable. Après un début de carrière destiné au noir et blanc et au portrait, il s’adonne à la photographie de mode et travaille pour de grands magazines comme Vogue et Harper’s Bazaar, sur recommandation de Cecil Beaton, s’il vous plaît. On peut noter une courte pause dans sa carrière, lors de son internement en camp de concentration en France en 1940 du fait son statut de juif allemand. Il parvient par miracle à s’en échapper un an plus tard et migre au États-Unis avec sa famille, où il reprend son travail de photographe de mode pour ne plus être interrompu.

Toujours créatif, du début à la fin, Monsieur Blumenfeld nous livre une œuvre complète, riche, généreuse et astucieuse. Du grand art.

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BLUMENFELD Erwin, Manina, 1936.                                             Couverture pour Vogue, 1950.