L’amour par Emmet Gowin

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Exposition Emmet Gowin à la fondation Henri Cartier Bresson jusqu’au 27 juillet 2014

Pour changer des gros musées habituels, je suis allée cette semaine faire un tour à la fondation Henri Cartier Bresson pour la première fois. C’est Emmet Gowin, un photographe américain de 73 ans qui y est exposé en ce moment et qui nous fait don de cinquante années de travail. Son œuvre se partage en deux thèmes : le cercle intime de la famille et la nature après le passage de l’homme, tous deux abordés avec un sentiment commun : l’amour. Edith, sa femme, est le sujet principal et surtout l’élément déclencheur de son travail : issu d’une famille très conservatrice où l’art n’était pas à l’honneur, il a découvert ce bonheur après sa rencontre avec sa future muse et la famille de cette dernière qui était bien plus ouverte d’esprit que ce que le futur artiste avait pu connaître auparavant. On peut donc remercier Edith, sans qui nous n’aurions pas eu le privilège de voir ce qu’est l’amour à travers l’objectif d’un génie (eh oui, encore un !). Les paysages, qui sont pris en vue aérienne, respirent le même amour et le même respect que Gowin démontre envers sa famille. Il est d’ailleurs surprenant qu’il puisse obtenir autant d’intensité avec des paysages ; il affirme que “même quand un paysage est profondément défiguré et brutalisé, il brûle encore d’une vive animation intérieure”. En plus de tout ça, la composition est extrêmement bien maîtrisée dans les deux cas.

Niveau scéno, l’espace ne laisse pas de grandes libertés mais l’ensemble n’en reste pas moins agréable, la couleur gris perle des murs est idéale pour rimer avec les teintes chaudes du noir et blanc d’Emmet Gowin, et comme nous l’avions vu cette couleur avait également très bien fonctionné lors de l’exposition sur Henri Cartier Bresson justement au Centre Pompidou il y a quelques semaines. L’exposition, répartie sur deux étages, est ponctuées de belles citations de l’artiste qui s’exprime presque aussi bien par les mots que par sa photographie, difficilement égalable. Vous l’aurez compris, cette une très belle exposition que vous pouvez dévorer des yeux jusqu’au 27 juillet. Tarif jeune : 4 euros.

 

Emmet Gowin au sujet de sa femme : “C’est, dans une large mesure, le poème central de mon œuvre. Ces images expliquent ce que je ressens pour le monde.”

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GOWIN Emmet, Edith, Danville                          GOWIN Emmet, drainage naturel à la frontière entre Arizona  (Virginia), 1963.                                                        et Californie, 1998.

                                                                                      

En couverture : GOWIN Emmet, Nancy, Danville (Virginia), 1969.