Jeff Koons, l’art de la déception

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 Exposition Jeff Koons au Centre Pompidou jusqu’au 27 avril 2014

J’ai mis quelques temps avant de me décider à rédiger cet article, histoire de laisser décanter un peu le profond agacement qui me poursuit depuis ma visite à l’exposition Jeff Koons au Centre Pompidou. Cependant, n’étant toujours pas descendue de mon nuage grisâtre – ça fait tout de même deux semaines, je m’adresse à vous de là haut.

En fait je ne sais pas à qui j’en veux le plus : l’artiste ou le musée ? Jeff Koons se fait plaisir, il n’y a pas d’autre mot, avec des sculptures immenses – réalisées par des artisans, des ballons de basket qui flottent et des affiches publicitaires reproduites en grand et en forme de tableau. Soit. C’est un concept, il n’y a pas que des artistes torturés en ce monde et dans un sens ça fait plutôt du bien de ne pas voir des loups calcinés (Abdemessed), des gens explosés (Altmejd) et autres morbidités contemporaines. S’il faut rendre quelque chose à l’artiste, c’est qu’il a bien capté la crédulité d’une société qui gobe tout ce qu’on lui donne du moment qu’il y a une étiquette un peu classe avec un titre (ou sans titre) dessus. “Fin connaisseur de l’art de son temps” nous dit Bernard Blistène, commissaire d’exposition, quel bel euphémisme ! Il nous connaît trop bien, et c’est bien triste.

Venons en au musée justement : moi qui en voulait au MAM de rien nous dire sur le travail de David Altmejd il y a quelques temps, j’aurai préféré qu’il en soit ainsi pour l’exposition Koons. Car soyons honnête, il n’y a pas de discours derrière ce travail et le commissaire se trahit lui-même par des “il semblerait que Koons a voulu faire ça” et du conditionnel à gogo. Alors pourquoi nous infliger un roman aussi insipide et vide de sens ? Cette exposition n’est au final qu’une vaine tentative de justification de l’inexplicable. Koons a voulu se faire plaisir et faire plaisir à un public le plus large possible en concevant des “oeuvres” colorés, brillantes (au sens matériau brillant, pas concept brillant), imposantes et évocatrices de choses que le plus simplet d’entre nous connaîtra. Une écoeurante vulgarisation de l’art en mode “Dora l’exploratrice va au musée”.

En bref, allez-y faire un tour si vous avez déjà le Pass Pompidou (très avantageux soit dit en passant), que vous vous ennuyez et que vous aimez bien prendre votre reflet en photo. Je ne le dis pas souvent, mais si vous ne rentrez pas dans ces catégories, ce n’est franchement pas la peine d’y aller.

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KOONS Jeff, série Gazing Ball (Ariadne), 2013                      KOONS Jeff, Chat sur une corde à linge (jaune),

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