Ho…kusai.

Cliquez pour lire l'article !Exposition Hokusai au Grand Palais jusqu’au 18 janvier 2015

Un mois d’absence encore, j’aimerais promettre de ne pas recommencer. Toutefois je reviens en grande pompe avec une des expositions majeures de la saison 2014-2015, Hokusai au Grand Palais. J’ai pu jadis fortement critiquer le travail effectué par ce musée  (Monumenta, Cartier) qui a tendance à sur-vulgariser et disneylandiser ses expositions au profit eh bien, du profit. Cependant il semblerait que Monsieur Seiji Nagata, commissaire de l’expo, se soit démené pour me prouver le contraire et, pourquoi pas, me réconcilier avec le Grand Palais (cela dit je n’ai pas encore eu l’occasion de voir Niki de Saint Phalle).

L’oeuvre d’Hokusai (nous choisirons ce nom parmi les nombreux que le vieux fou de la peinture a pu prendre au fil de sa longue carrière) est immense, par sa qualité comme par sa quantité. Les dizaines et dizaines de carnets de manga exposés cachent eux-mêmes des milliers de croquis magnifiques, autant d’oeuvres sur des formats minuscules que nous ne pourrons malheureusement pas voir mais au moins en saisir l’idée grâce à une scénographie efficace. Les supports, les techniques, les sujets sont bouleversant de variété et de beauté. Le tout est mis en valeur par des tons brun rouge qui complimentent le papier légèrement jaune des estampes et carnets. La lumière est tamisée et les dispositifs de scénographie donnent au tout une allure beaucoup plus précieuse que les vitrines peu inspirées utilisées pour l’exposition Cartier en début d’année. En plus de cela, un superbe film sur la gravure sur bois permet, à mi parcours, d’apprécier d’autant plus le travail énorme qui se cache derrière l’estampe japonaise. Un travail d’animation étonnant dans la première pièce après le grand escalier, exécuté par Luftzug, vous fera sans doute sourire (je ne vous en dis pas plus, il faut bien vous intriguer un peu !). Vous remarquerez peut-être l’absence des shunga, ces estampes érotiques où femmes et octopodes font la paire. Le manque est justifié par une volonté de ne pas occulter le reste du travail de l’artiste, cependant le fait que cette partie de l’oeuvre ne soit même pas mentionnée reste quelque peu décevant.

En somme, c’est une superbe exposition que, j’en suis persuadée, vous ne manquerez pas d’aller voir d’ici janvier – ne serait-ce que pour la magnifique leçon de dessin et la petite claque scénographique. Et si vous êtes comme moi légèrement allergique, voire susceptible d’avoir des pulsions meurtrières en cas de foule, le moment pour y aller est apparemment le vendredi après-midi. Personnellement j’y suis allée un lundi entre midi et deux (comme pour Cartier, je n’ai apparemment pas retenu la leçon), et entre les gens insupportables qui écoutent leur audioguide tels des zombies devant les oeuvres et la visite guidée pour les petits vieux qui prennent leur âge comme prétexte à l’incivilité et la bêtise, je déconseille fortement. Ne vous découragez pas pour autant, l’exposition reste délectable, alors allez-y !

 

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HOKUSAI Katsushika, Cranes from Quick Lessons in          HOKUSAI Katsushika, Poissons et feuilles rouges

Simplified Drawing, 1823